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puce Le Blog d'Aline : Un monde de violence
puce Le livre du mois : Wanda Poltawska,  Le Journal d'une amitié

Votre News comporte :

Un compte rendu de la vie à l'AFCP
Les sessions
La formation à l'AFCP
Les nouvelles brèves
Les réactions politiques en Irlande devant le rapport Cloyne
Les tensions entre la Chine et le Vatican
Le constat du Cardinal De Paoli sur les Légionnaires du Christ
La chronique
Satan existe-t-il ?

LA VIE DE L'AFCP

Nos sessions

Grâce à Dieu, les sessions de cet été ont accueilli plus de 175 personnes venues de tous les coins de France et même d'autres pays d'Europe, en particulier de la Belgique. Il faut en remercier le Seigneur et lui demander que la semence qu'il a jetée dans les coeurs produisent les racines et les fruits qu'Il en attend. N'oubliez pas la troisième session. Celle de novembre, du 13 au 19. Il reste encore un bon nombre de places. Faites la connaître aux personnes qui peuvent être intéressées mais dont les occupations estivales les empêchent de suivre les sessions de juillet et d'août..

La formation à l'AFCP

Notre dernier voyage à Rome auprès des organismes ecclésiaux, Conseil pour la famille, Congrégation de l'éducation catholique etc. a attiré l'attention sur notre effort à l'accompagnement de la personne humaine et à sa formation intégrale. Nous développons nos programmes de formation des accompagnateurs afin de pouvoir répondre aux nombreuses demandes d'accompagnement qui suivent les sessions, tant pour la vie laïque que pour la vie consacrée.
Quelle est cette formation et qu'est-il exigé dans la formation d'un accompagnateur ?

Pourquoi devenir accompagnateur ?

Devenir accompagnateur, c'est s'engager au service de la personne humaine ; une personne humaine souvent blessée, en détresse, en souffrance. Ce service à la personne humaine répond à un appel. Cet appel est celui du Christ qui attire l'attention vers le frère qui a besoin d'aide, vers la soeur qui attend du secours. Si le coeur ne s'ouvre pas à cet appel du Christ, le service de l'accompagnement au sein de l'AFCP perd son sens. On y viendra peut-être, un moment, parce que l'on est intéressé, mais on abandonnera souvent si on n'a plus le temps ou si on n'est plus intéressé. Quand on s'engage parce que Jésus-Christ dit que c'est vers Lui qu'on tourne son regard quand on regarde la souffrance du frère ; que c'est Lui qu'on aime quand on aime la soeur qui demande de l'aide, l'engagement est alors sérieux et durable.

Pourquoi être formé ?

L'accompagnement à l'AFCP n'est pas un partage d'émotion, ni un unique dévouement qui permet de faire quelque chose pour quelqu'un. Ce n'est pas de l'ordre du « faire », c'est de l'ordre de « l'agir » compétent et efficace. On aide efficacement
- Si en écoutant objectivement une personne, on arrive à la connaître pour la comprendre et pour voir sa souffrance
- Si, évaluant les énergies et les faiblesses de sa personnalité, on lui permet de découvrir ses puissances intérieures et ses propres valeurs ; moyens indispensables pour lui permettre de guérir sa blessure et structurer son agir personnel.
- Si on lui communique la puissance de l'espérance et la certitude de l'amour.

Pour écouter, évaluer, guider, communiquer efficacement, il faut connaître la personne. Il faut aussi apprendre comment se structure son agir personnel, quelles sont les lignes de force de sa personnalité. Il faut savoir comment mettre en oeuvre une alliance thérapeutique etc .

Comment être formé ?

Pour être formé, il faut suivre une formation. La formation à l'AFCP dure trois ans. Elle se donne au long de cinq week-ends par année.

Elle exige le suivi global de 270 heures de cours. Les cours comprennent :
- Une formation en éthique qui permet de comprendre les lois de l'agir humainbr
- Une formation en psychologie où l'on apprend les fondements de la personne humaine, les conditions affectives de ses comportements, la détermination de ses besoins, les divers schémas des personnalités.
- Une formation en théologie du corps, pour être guidé par l'enseignement de Jean Paul II .
- Une formation en sexologie pour comprendre les difficultés propres à la vie conjugale
- Une formation en théologie spirituelle qui permet de comprendre les différents états de vie : la vie consacrée, la vie du sacrement de mariage, la vie sacerdotale. Cette formation donne aussi quelques fondements de l'accompagnement spirituel.
- Une formation pratique à l'accompagnement

Chacune des formations est évaluée par des travaux personnels déterminés par les différents professeurs et par une supervision pour ce qui concerne l'évaluation de la pratique de l'accompagnement.

À qui s'adresse cette formation ?

Elle s'adresse à des adultes qui ont déjà une certaine expérience de la vie et qui ont le niveau d'études suffisants pour suivre les cours proposés. Ces aptitudes sont évaluées au moment de la demande d'inscription. Elle s'adresse surtout à des personnes qui veulent investir du temps dans une formation solide et sérieuse en vue de se mettre de façon compétente au service de leurs frères et soeurs.

Nous avons besoin d'accompagnateurs. Si cela vous intéresse, téléphonez au secrétariat pour donner votre pré-inscription. Si vous avez besoin de tout autre renseignements, le secrétariat se fera une joie de vous les donner. Tél ; +33(0)2 43 62 10 23.

Les nouvelles brèves

puce Irlande : Après les déclarations du premier ministre Enda Kenny qui accuse les autorités ecclésiastiques d'ingérence dans l'administration de la justice, le Vatican rappelle son ambassadeur. Les prêtres qui entendront en confession des cas d'abus sexuel et ne les dénonceront pas sont menacés d'une peine de cinq ans de prison.

le premier ministre Enda KennyLe 13 juillet, a été publié le rapport du juge Yvonne Murphy, déposé au ministère de la justice en décembre 2010, sur la façon dont le diocèse de Cloyne a géré les cas d'abus sexuel commis par le clergé séculier et régulier. Suite à cette publication, le premier ministre Enda Kenny a exprimé devant la Chambre des Députés sa rage et a accusé le Vatican de de subvertir insidieusement les mesures prises par l'État et la Conférence épiscopale irlandaise, pour la protection des enfants. Pour la première fois en Irlande, un rapport sur les abus sexuel commis sur les enfants dévoile les tentatives du Saint Siège pour biaiser une enquête faite dans une république souveraine et démocratique et cela non pas voilà des décennies, mais seulement voilà trois ans. C'est la culture du Vatican dysfonctionnelle, déconnectée du réel, élitiste et narcissique. Faisant allusion au Rapport Ryan et au Rapport Murphy (voir les Newsletter de Juin 2009 et d' avril 2010), il ajouta : l'enlèvement des enfants, la torture, les abus, sont minimisés pour sauver l'Institution. En réponse à un député qui lui demande si une loi pourrait forcer les prêtres qui entendent les confessions à dénoncer à la police les cas d'abus sexuel, le premier ministre a répondu qu'il pensait à une loi qui condamnerait à cinq de prison un prêtre qui, au nom du secret de la confession, ne dénoncerait pas les cas d'abus sexuel.

Jugeant la situation très sérieuse, le Vatican a rappelé le nonce apostolique d'Irlande, Monseigneur Giuseppe Lanza, pour consultations en vue d'élaborer sa réponse aux réactions du gouvernement irlandais à la suite du rapport Cloyne. Cela constitue une mesure exceptionnelle que le Père Lombardi interprète en disant que le Vatican prend la chose au sérieux. Si ce rappel n'a pas été suivi d'un rappel de l'ambassadeur d'Irlande au Vatican—ce qui est la coutume diplomatique—c'est que le poste est, pour le moment, vide. La presse s'est emparée de ce fait. Le Financial Times, dans son numéro du 26 juillet, parle de l'arrogance du Vatican, l'accusant de cover-up (de dissimulation) des crimes contre les enfants, stigmatisant le pape autant dans sa charge actuelle que dans son office de préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Sous ces deux hommes—Jean Paul II et Benoit XVI—l'Église s'est développée comme une institution entièrement servile à leur autorité et méfiante vis-à-vis de toute coopération avec les autorités civiles dans leur enquêtes sur les abus sexuels. Maintenant, le Vatican paye un prix très lourd pour son arrogance et son secret.

Pour les éditoriaux des journaux catholiques, le discours au parlement irlandais traduit d'une part, la rage, l'impuissance et la honte d'un grand nombre de catholiques face à ces scandales qui dévalorisent leur Église et, d'autre part, comme le souligne l'éditorialiste de la revue The Irish Catholic, l'impuissance de l'Épiscopat irlandais à se réformer lui-même. On attend les suites de la Visite apostolique qui s'est terminée l'hiver dernier et l'on espère un remaniement en profondeur de l'épiscopat irlandais, surtout de celui qui était en place avant la nomination de Mgr Diarmuid Martin, l'archevêque de Dublin nommé en 2003. Ce que certains appellent nettoyer les écuries d'Augias.

Le gouvernement irlandais attend lui aussi une réponse positive de la part du Vatican et voudrait une claire déclaration des autorités romaines qui dirait que la souveraineté de la Loi civile la rend supérieure à celle du Droit Canon et qu'aucune personne, quelles qu'en soient les raisons, puisse être autorisée à dissimuler des actes criminels à l'État. Cela concerne-t-il le secret de la confession comme l'a exprimé le premier ministre ? Le Vatican n'a aucun pouvoir pour négocier le secret de la confession. C'est un droit absolu du pénitent. Le Père Paul Hayward, éditeur de la Canon Law Society of Great Britain()  a exprimé une grave inquiétude : Nous devons attendre de voir plus clairement ce qui sera proposé par cette loi mais aucun prêtre, qui a à coeur la valeur de son sacerdoce, n'acceptera de briser le sceau de la confession. Cela peut faire des prêtres irlandais, un grand nombre de martyrs.

Mgr MageeLe rapport Cloyne montre que le diocèse de Cloyne, administré par Mgr John Magee, a agit avec négligence et désintérêt vis-à-vis des enfants sexuellement abusés. Si l'évêque est atteint en tant que premier responsable, la plus grande partie des cas d'abus sexuel a été traitée par Mgr Daniel O'Callaghan, un canoniste qui n'approuvait pas les documents de la Conférence épiscopale irlandaise, et principalement la clause du mandatory reporting. Ces dispositions juridiques obligent les membres de certains groupes sociaux (éducateurs, travailleurs sociaux, psychologues, etc) à déférer aux autorités judiciaires les cas connus d'abus sexuels. Le prêtre qui agit comme confesseur fait-il partie de ces groupes ? Si non, quelle est la partie de son activité pastorale qui n'est pas couverte par le mandatory reporting ? Pour Mgr O'Callaghan, cette clause est contre l'esprit de l'Évangile et il faut lui préférer, autant que possible, une approche pastorale qui permette au prêtre de se repentir et de corriger ses moeurs. Cette vision qui mettait en doute la valeur des documents de la Conférence épiscopale irlandaise a été soutenue, à l'époque, par le préfet de la Congrégation du Clergé, le cardinal Darío Castrillón Hoyos. Les documents de l'épiscopat, principalement celui de 1996, contiennent, selon lui et selon le nonce de l'époque, des dispositions contraires à la loi et à la discipline du Droit Canon. Ces attitudes reflétaient les inquiétudes du Vatican, principalement au sujet du mandatory reporting. Ces réponses romaines auraient encouragé certains prélats à traiter de façon « sui generis » les cas d'abus sexuel au mépris de la loi et dans un désintéressement du droit des enfants à la protection contre le risque d'abus sexuel.

Toute la question porte sur l'obligation de dénoncer aux autorités policières les cas d'abus sexuels. Pour Mgr O'Callaghan, dénoncer ces prêtres à la police, ne peut-être une obligation imposée à un évêque. Ce devoir de porter plainte incombe à la victime—ou à ses parents—qui doivent eux-mêmes juger de l'opportunité d'avertir la police.

Qu'en est-il? Reconnaître la supériorité de la Loi civile sur les prescriptions du Droit Canon n'a aucun sens. Les deux lois regardent deux domaines dont l'un n'est pas soumis à l'autre. Bien que le Vatican soit un État souverain et par conséquent sujet de droits, les fidèles, qu'ils soient laïcs, prêtres ou évêques, ne sont pas soumis au Droit canon en tant que sujets de l'État du Vatican, mais en tant que membres de l'Église catholique. Ils obéissent aux prescriptions du Droit canon, comme ils obéissent à leur conscience, que ce soit au for externe ou au for interne. Aucun pouvoir politique ne peut obliger une personne à en dénoncer une autre, si elle estime, en conscience, qu'il y a une injustice grave à le faire. Ce serait le cas si le gouvernement irlandais obligeait les prêtres à violer le sceau du sacrement de la réconciliation que protège, au nom de la liberté de la conscience, la discipline canonique. Dans la dernière lettre circulaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (3 mai 2011), il est bien spécifié : « En particulier on suivra toujours les prescriptions des lois civiles en ce qui concerne le fait de déférer les crimes aux autorités compétentes, sans porter atteinte au for interne sacramentel ». Est-ce que cette obligation du mandatory reporting rend le pouvoir judiciaire au civil, seul juge en cette matière ? Est-ce qu'il délie l'évêque de sa responsabilité canonique et pastorale vis-à-vis des clercs qui sont sous sa juridiction ? Comment l'évêque peut-il y obéir tout en respectant ses obligations pastorales vis-à-vis de ses prêtres, même coupables de délit très graves et de crimes ? L'inertie, les complicités, les silences, les graves manques de jugement, de prudence et de responsabilité dont ont fait preuve certains membres de l'épiscopat de l'Église d'Irlande envers les enfants victimes de sadisme, d'abus sexuel, expliquent en bonne partie les rages du premier ministre actuel et des Irlandais. Cependant un État politique qui respecte le droit de TOUTES les personnes et non seulement des victimes et un Épiscopat responsable devraient pouvoir, dans un pays de tradition catholique, arriver à trouver un terrain d'entente pour que la dignité de la personne humaine soit prise en compte dans tous ses droits, y compris dans sa conscience, quelque soit son état d'accusé ou son état de victime. Ce sont les rudes négociations qui attendent autant le gouvernement irlandais que le Vatican.

puceChine : Joseph Huang Bingzhan qui a été illicitement ordonné comme évêque de Shantou, une ville du sud de la Chine, a été automatiquement excommunié. C'est la troisième ordination illégale et l'Église patriotique dit qu'elle continuera à ordonner des évêques, qu'ils obtiennent ou non l'approbation papale.

L'Église patriotique, la seule qui ait l'aval du gouvernement, se prépare pour l'ordination de sept nouveaux candidats quoique les dates ne soient pas encore fixées, faute d'avoir terminé  les travaux préparatoires. Les candidats doivent envoyer leur demande à la commission locale des affaires religieuses afin d'en requérir l'approbation, ce qui permet aux autres évêques des autres diocèses de déterminer les dates de ces cérémonies. Le Père Joseph Huang Bingzhan a été illicitement ordonné, le 14 juillet dernier. Normalement les évêques qui ont assisté à cette ordination sont aussi passibles d'excommunication. Mais prudemment, le Vatican, ne mentionne que le candidat lui-même. On ne sais pas avec certitude dans quelle mesure les évêques qui assistaient à cette célébration n'ont pas été forcés de s'y rendre. L'excommunication précise que cet « évêque » n'a aucun pouvoir de gouvernement et ne peut requérir aucune obéissance pastorale pour ce qu'il demande. Antony Lam, chercheur au Centre d' Études Saint Esprit, à Hong Kong a dit que ces évêques ordonnés sans l'approbation pontificale ne jouissent d'aucune crédibilité à l'intérieur de leur diocèse et qu'ils sont incapables d'un travail efficace.

C'est donc une nouvelle tension entre la Chine et le Vatican, tension qui s'aggrave depuis le changement des principales autorités de la Congrégation pour l'Évangélisation des Peuples dont certains évêques chinois agréés par le Pape avaient critiqué la politique de souplesse. Est-ce la fin de la petite amélioration qu'il y avait eu entre Pékin et Rome ?

puceLes Légionnaires du Christ. Le cardinal De Paoli, le délégué spécial du Saint Père comme supérieur extraordinaire des Légionnaires a donné un premier aperçu du travail fait depuis un an. Bien que l'oeuvre de restauration avance efficacement et avec sérénité et qu'on prévoie le chapitre général pour 2013, le cardinal déplore l'action subversive d'un groupe de dissidents.

En 2010, la Légion a dû affronter le départ d'un grand nombre de membres, surtout chez les plus jeunes. Mais le plus douloureux vient des membres qui ont formé un groupe avec ceux que le cardinal appelle dissidents. Ils ne sont pas nombreux mais, souligne le délégué, ils constituent une structure de contamination. Ils manifestent un manque radical de confiance dans la continuité et le renouveau de la congrégation. Ils sont des opposants antagonistes à leurs supérieurs légitimes et se définissent comme les gardiens de l'orthodoxie. Utilisant Internet, ils se constituent en un réseau. Ils sont peut-être un peu plus de 200 et se composent de Légionnaires, d'ex-Légionnaires et d'amis de Légionnaires. Ces dissidents se croient chargés d'une mission prophétique et se donnent à eux-mêmes la vocation de prendre la place de leurs supérieurs, s'octroyant la mission d'être les maîtres de la vie spirituelle et de la vraie doctrine de la Congrégation. Ils ont une influence négative sur les plus jeunes membres. Les chefs du groupe sont instables et incertains quant à leur vocation et partagent leurs doutes à qui veut bien les entendre. Ils prennent plaisir à ne regarder que les blessures subies par la congrégation et, continuellement, ils ne font que les rouvrir. Bien sûr, nous devons tous reconnaître que nous sommes des pécheurs, mais ce qui mettra fin à cet état, c'est la mort et entre temps, nous devons tous reconnaître que nous avons besoin de la grâce de Dieu.

Mgr de PaoliLe cardinal De Paoli a exposé les grandes lignes des travaux des diverses commissions incluant ceux des commissions chargées des affaires financières et économiques et ceux qui concernent le travail de l'Université Européenne de Rome. Tout le travail fait par lui et par ses assistants l'a été en conjonction avec les supérieurs en respectant le service de leur autorité. Il a laissé entendre qu'il serait bon d'élargir le chapitre général en nommant deux nouveaux conseillers pour servir comme consultants. Il a abordé le problème délicat de l'influence du fondateur et de ses écrits dans la vie et la législation de la congrégation et de la relation entre le supérieur—le père spirituel—et le confesseur, principalement pour les membres religieux. Mais, dit-il, le plus important est cette mission que le Pape nous a donnée, de revoir les constitutions de telle manière qu'elles puissent modeler le style de vie, la spiritualité, l'apostolat et qu'elles soient porteuses du charisme et des moyens d'en vivre. Cependant, pour le moment, nous n'avons pas changé les constitutions, laissant cette tâche au chapitre général.

L'AFCP a comme but déclaré dans ses constitutions d'être attentif à tout ce qui touche à la formation de la personne. L'actualité que nous analysons tente de vous informer et d'être une réflexion constructive sur les problèmes qui dans l'actualité touche à la personne.

Chronique

Satan existe-t-il ?

L'exorcisteOn parle beaucoup de Satan au cinéma. Un premier film, L'Exorciste, (The Exorcist) un film américain réalisé par William Friedkin, écrit et produit par William Peter Blatty d'après son roman éponyme, sortit en 1973. Il mettait l'accent sur l'horreur de la possession diabolique. Et cela fit son succès : 402 500 000 $ de recettes dans le monde entier. Le film a été commercialisé aux États-Unis par Warner Bros le 25 décembre 1973, et une version restaurée est sortie le 22 septembre 2000.

Emily RoseDans la même veine, il y eût, L'Exorcisme d'Emily Rose, réalisé par Scott Derrickson, sorti en 2005. C'est une libre adaptation de la véritable histoire de la jeune allemande Anneliese Michael qui, à l'époque même où fut tourné et sorti le film L'Exorciste, succomba après une longue série d'exorcismes pratiqués, non par un, mais par deux prêtres catholiques romains.

Le rite Et finalement, cette année même, un troisième film attire l'attention, Le Rite (The Rite), réalisé par Mikael Håfström sur le scénario de Michael Petroni très librement inspiré du documentaire de Matt Baglio The Rite: The Making of a Modern Exorcist. Ce film suit les difficultés et les doutes d'un jeune diacre envoyé à la formation exorciste dispensée par l'Athénée Pontifical. Distribué par Warner Bros., ce film est sorti le 28 janvier 2011 en Amérique du Nord et le 9 mars 2011 en France.

Possession diabolique
ou
maladie psychique ?

Ces trois films traitent, chacun à leur manière, de la même question : La possession diabolique est-elle réelle ou n'est-elle qu'une maladie psychique ignorée ? Ne relève-t-elle que d'un passé médiéval, de superstitions ? Si certaines prêtres catholiques y croient encore cela n'est-il pas le signe d'une culture arriérée propre à l'Église catholique ?

Dans L'Exorciste, Danny Karras est un Jésuite psychiatre. Il est torturé dans sa foi qui vacille en face de sa science. Pour lui, les manifestations des « possédés » ne sont que des troubles mentaux que la psychiatrie devrait finir par guérir. Mais il est aussi tourmenté par la mort de sa mère qui, conduite dans un hôpital psychiatrique, s'éteint, en lui reprochant de l'avoir Karrasabandonnée. Ce Jésuite incertain va devoir faire face à une jeune fille Regan qui manifeste des troubles que le corps médical juge nerveux et qu'aucun examen scientifique ne confirme. Fille d'une actrice célèbre, Chris MacNeil, Regan est la proie de violents comportements, d'actes étranges, elle est frappée de traumatismes physiques effrayants : elle parle avec une voix de vieille femme, émet des propos injurieux d'une alcoolique. Devant l'échec de la science, sa mère en vient à croire que sa fille est possédée et qu'il va falloir, elle , l'incroyante, faire appel, en plein XXe siècle, à un exorcisme, ce rite médiéval ! C'est au Père Karras qu'elle a recours, à ce Jésuite qui ne croit pas au diable et qui croit à peine à Jésus-Christ. L'exécution du rite de l'exorcisme est confiée au Père Merrin, L'exorcisme est dur et violent. Dans un premier temps, c'est un échec et le père Merrin, cardiaque, en meurt. Karras, reste seul avec le diable qui habite la fillette. La bouche de Regan prononce des paroles d'accusation envers Karras lui reprochant d'avoir abandonné sa mère. S'ensuit une lutte physique entre le démon et le père Karras où ce dernier, au comble de la fureur, s'offre en victime au diable, en lui impérant cet ordre : « prends-moi ». Le démon entre lui ! Karras devient possédé ! Il est poussé vers une fenêtre qui surplombe un escalier. Il tombe ! Sa chute est mortelle.

Émily RoseCes mêmes thèmes : doutes sceptiques, échec des traitements qui ne soulagent ni ne guérissent, phénomènes violents, traumatisants, soupçons de possession, exorcisme ardu dans la lutte contre le diable, échec de l'exorcisme, offrande victimale, se retrouvent, dans L'exorcisme d'Émily Rose. Mais le cadre est différent. C'est au cours d'un procès intenté au Père Richard Moore que l'on découvre la vraie histoire d'Émily Rose. Car Émily est morte et le médecin légiste conclut que sa mort n'est pas naturelle. Cette jeune provinciale est venue en ville faire des études universitaires et, une nuit, elle est en proie à des « manifestations surnaturelles effrayantes » : hallucinations, traumatismes violents qui détruisent peu à peu sa vie. Encore une fois la médecine est impuissante. Émily se confie au prêtre catholique de sa paroisse qui décide de pratiquer un exorcisme. Mais l'exorcisme est un échec et Émily meurt ! Accusé d'homicide involontaire, le Père Moore se retrouve face au procureur, maître Ethan Thomas, méthodiste et « homme de foi », qui s'acharnera à démontrer qu'Émily n'était que malade, que la psychiatrie l'aurait guérie si le Père Moore n'était intervenu et ne lui avait fait croire qu'elle était « possédée ». Le Père Moore est défendu par une jeune avocate brillante, agnostique, adonnée à l'alcool, Erin Christine Bruner qui lui permet de témoigner et de dire la véritable histoire d'Émily Rose. Elle était vraiment possédée, mais sollicitée par un appel surnaturel, elle a accepté ce destin en vue de confondre ceux qui ne croient pas aux infestations diaboliques. Émily était-elle malade ou possédée ? Les débats des deux avocats sont brillants, merveilleusement conduits. Quant au spectateur il doit poser son propre jugement : peut-on s'offrir comme victime au diable pour manifester son existence ?

LukasLe Rite est un film de l'année. Sa structure est plus moderne, plus sobre, plus déterminante. Michael Kovak, un jeune diacre, décidé à quitter le séminaire parce qu'il manque de foi est, cependant, envoyé à Rome pour se former comme exorciste. C'est l'étudiant impossible qui pose toutes les questions rationnelles pour démolir l'argument du professeur dominicain qui donne un cours sur la possession diabolique. Le professeur l'invite à aller rencontrer son ami le père Lucas, Jésuite expérimenté, qui vit en banlieue romaine et qui est un spécialiste de l'exorcisme. Une jeune, fille enceinte, Roseline, survient. Le Père Lucas l'affirme possédée et Kovak la considère comme une malade psychique. « Elle n'a pas besoin d'un prêtre, elle a besoin d'un psychiatre » affirme le jeune diacre. Mais une nuit, la jeune fille est transportée d'urgence à l'hôpital : tentative de suicide. Elle est en proie à des troubles de possession ou à des manifestations hallucinatoires. Au cours de la nuit, alors qu'elle semble dormir, on voit apparaître quelques signes diaboliques. En proie à une grave crise de panique, une hémorragie interne se déclenche. Le bébé meurt et la mère aussi1.  ! Kovak commence à douter car Roseline n'a pu, de nouveau, tenter de suicider  : elle était attachée à son lit. Des phénomènes étranges accentuent le trouble : comment a-t-il pu avoir une conversation téléphonique avec son père qui réside aux USA, alors que le médecin lui certifie qu'il est mort trois heures plus tôt ? De plus en plus ébranlé, Kovak, qui appelle une amie, Angelina, à son secours, se précipite chez le Père Lucas et constate que le démon, qui habitait le corps de la jeune fille enceinte, a trouvé refuge chez le Jésuite exorciste. Kovak pense que c'est son devoir d'exorciser le Jésuite. Mais comment pratiquer un exorcisme si on n'a pas la foi ? Les rites à eux seuls sont inefficaces ! Kovak se rend à l' « évidence » : il doit croire. Pour combattre le diable, il faut croire qu'il existe, mais l'existence du diable, ses infestations, ses possessions, n'ont aucun sens si Dieu n'existe pas, si Jésus-Christ n'est pas réel. Parce qu'il ne peut nier ce qu'il voit, il croit en Jésus-Christ et parce qu'il y croit, il a domination sur le diable.

La possession diabolique existe-t-elle ou n'est-elle qu'une forme violente de troubles mentaux qu'autrefois on attribuait au diable et dont on sait maintenant qu'ils n'ont d'autre origine que des troubles psychotiques ?

Les phénomènes observables qui accompagnent la possession diabolique et qui se manifestent lors d'un exorcisme : douleurs physiques : crispation du visage jusqu'à la déformation, lacération, bave, cris injurieux, et quelque fois lévitation, sont accompagnés de phénomènes cognitifs extraordinaires : paroles étranges ou blasphématoires, emploi d'une langue inconnue, changement profond du ton de voix, (Reagan parle avec la voix d'une vieille femme alcoolique) perceptions de faits dont le sujet n'a eu, à l'état de veille, aucune connaissance, (Reagan narre cruellement au Père Karras, les paroles de sa mère sur son lit de mort, dans Le Rite, le Père Lucas devenu possédé, révèle la haine de Michael Kovak envers son père). Ces manifestations sont observables dans tous les états extatiques ou états d'altération de la conscience. Ils se produisent aussi bien dans les cas de possession, que dans les cas de phénomènes para-normaux ou dans les cas de maladie psychique et même, pour certains, dans les états de ravissement. Ils ne sont pas suffisants pour détecter la possession diabolique.

Les phénomènes para-normaux

Issus du New Age, les phénomènes para-normaux qualifiés autrefois de magie, se groupent, maintenant, sous le nom de channelling. On le définit : un processus mental dans lequel l'individu (le medium, the channel—canal—) met de côté, partiellement ou totalement la conscience éveillée, pour permettre aux connaissances qui gisent au-delà de cette conscience, de s'écouler dans l'esprit. Le canal de transmission, c'est le médium et son comportement met en acte ses moyens de communication avec un au-delà. Un au-delà de la conscience ?

Le medium

Qu'est-ce donc qu'un médium ? C'est une personne qui entend une voix, qui fait des choses dont elle n'a pas une pleine conscience et qu'elle ne choisit pas, dont elle ne se souvient plus bien une fois revenue à l'état normal. Et pourtant elle n'a pas perdu conscience ni d'elle-même ni de son entourage. Elle est souvent incapable de contrôler son activité et est à la merci de ce qui lui est suggéré et de ce qu'elle fait. L'activité du médium s'appelle le channelling.

Il y a deux sortes de channelling : mental et physique. Le channelling mental utilise comme moyen des mots, des pensées, des sentiments. Le channelling physique utilise des objets : des tables qui tournent, l'écriture automatique, des transpersonnalisations, etc.

Le channelling est ouvert ou caché. Ouvert si la source est identifiée par le médium ; caché si la source ne l'est pas.

L'expérience médiumtique est elle-même variable : certains états dont la source est ésotérique subissent une forte compulsion qui altère l'état de la conscience et l'état du corps, comme la transe ; d'autres sont de simples états ou mouvements de la conscience, comme certaines intuitions, sentiments, pensées etc.

La transe

Cet état est le plus perplexe bien qu'il soit celui qui est le plus populaire chez les médiums. Le médium entre dans un état inconscient et quelqu'un d'autre semble contrôler et occuper son cerveau et son corps et l'utiliser pour parler, écrire, ou se déplacer. Quand la session est terminée, l'individu retrouve son état normalement conscient, mais il ne se rappelle rien, ou peu, de ce qu'il a dit ou fait en état de transe. Occasionnellement le sujet se souvient d'avoir été hors de son corps, au-dessus de lui, le surveillant ou le regardant ; il le voit servir à quelqu'un d'autre. Des médiums éprouvent des transitions prolongées et plus dramatiques. Le médium peut trembler, tomber par terre, se plaindre ou se lamenter. Durant ces « sessions » la personne en transe a un ton de voix distinctement différent du ton de voix habituel. A certain moment, la voix est monotone et sans couleur, comme la voix d'un automate. Souvent, le médium est dirigé dans son écriture et ce qu'il écrit n'est pas écrit selon son écriture habituelle ou il peut écrire dans une autre langue, qu'à l'état normal il ignore totalement. Le médium peut danser, chanter, pleurer, souffrir, hurler, injurier, ou faire des actes étonnants, comme peindre une toile de valeur, ou exécuter une pièce musicale difficile, chose qu'il ne fait pas et ne sait pas faire à l'état normal.

Entendre et voir

Il y a d'autres états d'altération de la conscience où le médium ne perd pas contact avec le monde extérieur, mais il entend des voix, voit des images, éprouve des sentiments, perçoit des faits, au-delà d'une expérience sensorielle normale. Par exemple, il entend une voix intérieure. Le médium est soit entièrement conscient, soit dans un état légèrement altéré de conscience. Il se met en position d'écouter, en acquérant un calme intérieur et en se rendant attentif à ce qui se passe à l'intérieur  ; il est alors capable d'« entendre » une voix ou quelque chose qui ressemble à une voix sans pour autant que cela l'empêche d'entendre les sons extérieurs. Son travail est d'écouter ce que dit la voix et de transmettre ce qu'il entend. Quand la voix est forte, elle est dite venir du centre de la tête. Quand elle est faible et indistincte, elle prend la forme des pensées, des sentiments et le médium exprime alors ses états avec ses propres mots. C'est une pratique très moderne. On peut constater que, dans bien des cas, ce qui est transmis excède les limites du transmetteur et les surpasse d'une façon frappante.

Un autre phénomène bien connu, celui de voir clairement2. Le voyant dit qu'il reçoit son information sous la forme d'image vues avec les « yeux de l'esprit ». Il croit que cette image n'est pas un produit de son esprit, mais lui vient d'une source extérieure. Ces images peuvent être à deux dimensions comme des photos, ou à trois dimensions comme des hologrammes ou des séquences motrices. Certaines images peuvent être des objets concrets, ou abstraits comme des modèles, ou des figures, ou des mouvements phosphorescents, ou des pluies de paillettes d'or et soudainement se transformer en une image ondulatoire ou brisée qui devient un image claire et précise dans ses détails. Au-delà de la réception de ces images, le voyant ou l'entendant ont souvent besoin de beaucoup d'habileté pour interpréter ces images, surtout, si en vertu de leurs propres « dons », il deviennent des experts en consultation et des prophètes de l'avenir.

Les automatismes

Le plus célèbre et le plus utilisé est l'écriture automatique. Le médium est parfaitement éveillé, quoiqu'il soit incapable de contrôler son écriture. Son bras et son épaule semblent sous la prise d'un autre. Ce mécanisme est entièrement automatique, c'est-à-dire que l'activité d'écrire arrive automatiquement et inconsciemment. Celui-ci ne le recherche pas et ne le contrôle pas. Par ailleurs, l'esprit est clair et alerte. Ce n'est donc pas un véritable phénomène de transe.

PlanchetteAutres sont la planchette et les pendules. La planchette est une version du Ouija board, (table tournante). Elle est nommé ainsi parce qu'elle est attachée à des supports mobiles. Sur la planchette il y a un crayon et un papier ou un mobile qui indique les lettres. Les personnes touchent la table, la planchette entre en mouvement de telle sorte que le crayon puisse écrire ou le mobile épeler les mots du message qui vient de la source. Les pendules agissent de manière similaire, ils pointent la direction significative pour l'opérateur.

Ces phénomènes sont observables non seulement dans tous les comportements para-normaux, mais ont les retrouve aussi dans les cas de possession réelle, dans certains états de ravissement, dans les cas de comportements socialement admis, comme le chamanisme3, la sorcellerie4, la télépathie, les transpersonnalisations etc. Au cours des âges ces phénomènes ont été appelés : possession, magie noire, spiritisme, occultisme, ou dans le domaine spirituel : vision, ravissement, bilocation, locution intérieure, apparition. Aujourd'hui on leur donne le nom de channelling. Ils ont tous la même caractéristique phénoménologique : ce sont des actes du corps qui témoignent d'une conscience qui agit au delà de l'expérience sensorielle normale. Ces actes du corps peuvent être utilisés par de véritables puissances surnaturelles, comme les anges et les démons, ou même par Dieu. Ils peuvent être aussi le fait des possibilités psychologiques du cerveau humain ou manifester des clivages psychologiques ; ils peuvent être exploités par les créateurs d'illusions et faire le tremplin de la supercherie qui profite de la naïveté ou de la superstition.

Il faut opérer un discernement. Et ce discernement consiste à pouvoir identifier la source d'où proviennent ces manifestations.

Quelle est la source ?

Cette source peut être la maladie. Une personne hystérique, une personne catatonique5 peuvent avoir des comportements qui ressemblent à ceux d'une voyante authentique, à ceux d'une possédée, où à ceux des personnes en transe ou à des actes d'un médium. Pierre Janet (1859-1947) accompagnait une personne qui se disait mystique et qui pouvait parler, à première vue, comme une authentique mystique. Elle s'appelait Madeleine  : Qu'importe ma faiblesse, disait-elle, ma maladresse pour gagner ma vie, pour me défendre, une voix m'a dit que par la communion journalière Jésus est en moi avec toute sa force et toute sa richesse, n'est-ce pas la plus grande fortune et la plus grande sécurité ici-bas... ? Les mères sont bien heureuses lorsqu'elles contemplent leur enfant, mais il me semble que je le suis plus qu'elles quand je considère l'enfant Jésus, que je baise ses mains et ses petits pieds, que j'ose le prendre dans mes bras et le presser sur mon, coeur. Janet s'est acharné à montrer que Madeleine n'était pas une mystique, mais une hystérique. Cette sorte d'« amour de Dieu » qui entraîne à confondre le moi idéal, avec la réalité, écrit Janet, présente, en effet, toutes sortes d'avantages: le Dieu est facile à trouver; il est déjà en nous-mêmes grâce à une éducation préalable. Il est tout ce que nous voulons qu'il soit; il nous comprend facilement (...) Surtout il demande si peu de payement... D'ordinaire, on ne s'impose pour le Dieu que des actions faciles bien choisies et surtout des conduites verbales beaucoup moins coûteuses que des actions réelles. Madeleine aimait bien mieux assister une amie par des prières que de lui rendre un service réel6.

Si la source n'est pas une maladie, elle peut venir d'une activité du cerveau dont le fonctionnement manipulé, comme le dit le neuroscientifique de renom Damasio7, peut produire des réponses étonnantes au-delà des limites l'expérience sensorielle. Les actes des « fakirs », les phénomènes de lévitation, les échappées des méditations transcendantales, tous ces phénomènes propres aux ashrams de la mystique hindoue sont de ce genre8 Ce sont aussi toutes les manifestations du channelling décrites plus haut.

Or, l'une des principales sources de manipulation du cerveau est l'hypnose et particulièrement l'auto-hypnose. L'hypnose, qu'on l'utilise comme méthode curative ou comme exploration ésotérique n'agit que par les effets qu'elle provoque : relâchement musculaire, apparence de somnolence, augmentation de la suggestibilité, stimulation de l'imaginaire, reviviscence de la mémoire visuelle du passé, désintéressement pour les projets immédiats et éloignement du test de la réalité. Cette apparente somnolence n'est pas l'engourdissement du véritable sommeil c'est, au contraire, un état d'attention fondé sur une intense activité réceptrice, une concentration focale sur un objet — voix intérieure, image, envahissement du corps par des forces physiques extérieures et, corollaire obligé : relâchement important de la vigilance à tout ce qui est périphérique, étranger et extérieur.

Hypnose et auto-hypnose augmentent la vulnérabilité à la suggestion

Dans cet état, le médium, est comme dans un état altéré de la conscience  : tout le cerveau est attentif à recevoir le message du transmetteur. Qui est ce transmetteur ? Une autre source extérieure ou une autre partie du cerveau ? Pour certains psychologues, il ne s'agit en rien d'esprits extérieurs, il s'agit d'une extraordinaire activité de l'imaginaire qui induit une sorte d'expérience proche de l'hallucination. Carl Gustav Jung, appelle ces « objets intérieurs », les archétypes de l'inconscient collectif9. Ce sont ces images, ces idées, ces notions, ces valeurs qui circulent dans les traditions et les systèmes de pensées de l'humanité et de la culture. Ces objets intérieurs sont focalisés avec intensité par l'imaginaire qui, souvent, recherche la fuite du réel comme compensation à l'insatisfaction profonde des besoins affectifs ou pour guérir des blessures narcissiques douloureuses. Cette activité de l'imaginaire si elle est intensive peut mouvoir le corps et ainsi entraîner des changements physiques importants: changement dans le ton de la voix, changement de dialecte, changement dans les préoccupations ordinaires de la vie courante qui deviennent des préoccupations planétaires, et qui entraînent des activités cosmiques. C'est le phénomène de l'auto-hypnose.

Ces évasions vers ce monde de l'au-delà qui est propre à toute pratique ésotérique, n'est pas toujours innocente. Elle provoque, comme conséquence inéluctable, une disposition du cerveau à la suggestion parallèle à cette manipulation des émotions faite pour en accroître l'intensité au-delà des limites du réel mesurée par l'expérience sensible. Mgr Vernette décrit, dans son livre sur la sorcellerie, le comportement de ces personnes qui, chez les sorciers à Paris, percent à coup de fléchettes la poupée fétiche de leur ennemi et dont la haine devient furieuse et sans limite. Dans le film L'Exorciste, on ne prête pas assez attention au fait que Regan, s'amuse ! avec une Ouija board qu'elle nomme : Capitaine sait-tout. Elle tente, en l'interrogeant, de connaître les secrets du coeur de sa mère envers Burke la soupçonnant d'en être amoureuse trahissant son mari. Mais ce mari trahi, c'est le père de la fillette. Cette pensée que Burke pourrait supplanter son père fait monter en elle une haine profonde qui ira jusqu'à provoquer, dans son délire de possédée, l'assassinat de cet usurpateur.

Dans les cas de comportements anormaux qui ressemblent à des transes ou à des hallucinations, quand les causes ne sont ni pathologiques ni naturelles, ni divines, peut-on soupçonner que la source est diabolique et qu'il s'agit de possession ?

On peut le soupçonner, mais avant d'agir par un exorcisme et même par une prière de délivrance, il faut s'en assurer. Le nouveau rituel de l'exorcisme10 explicite fermement les conditions requises pour pratiquer un exorcisme. La première est l'obligation d'en référer à l'Ordinaire du lieu pour obtenir une permission expresse. Ce ministère lui revient de droit et ne peut être exercé, s'il ne le fait pas lui-même, que par un prêtre « pieux, éclairé, prudent et de vie intègre » qu'il choisit lui-même. Il peut confier ce ministère à ce prêtre soit de manière stable soit pour un cas donné. Ce prêtre exercera ce ministère comme une oeuvre de charité avec confiance et humilité sous le gouvernement de son évêque. Mais, même établi par l'évêque comme exorciste, le prêtre montrera avant tout la plus grande réserve et la plus grande prudence. Les cas de possession réelle sont rares et beaucoup de fidèles obsédés par une tentation, apeurés par des phénomènes qu'ils interprètent comme des maléfices et par des « sorts » qu'on leur aurait jetés, ou tourmentés par des images ou des rêves à contenu « satanique » peuvent se croire « possédés » alors qu'un examen sérieux de leur état physique ou psychique, révélera une trop grande sensibilité des mécanismes cognitifs et émotionnels à certaines formes de suggestion.

Les types de possession

Soit le diable prend son bien où il est invité ; soit tourmentant une victime, malgré elle, il la « rend » sainte

Ceci étant dit, les cas de possession diabolique existent réellement et peuvent revêtir deux types. Dans le premier cas le diable vient prendre ce qui lui appartient : d'une manière ou d'une autre innocemment ou consciemment, la personne a accepté son joug en tant que puissance.

Les films analysés, ci-haut, montrent discrètement, ce fait. Le Rite débute au salon funéraire de la famille Kovak à Georgetown, un quartier de Washington, où Michael termine l'embaumement d'une jeune fille suicidée. Son dernier geste est de nouer un bracelet au bras de la morte. Ce bracelet, qui appartient à cette jeune femme , porte les symboles du satanisme. Ce même bracelet se reverra, à Rome, au bras de la possédée que le Père Lucas tente de libérer et qui meurt de sa tentative de suicide . Tout au long du film le bracelet se balade : dans le sac de Michael, accroché aux crochets de son vestiaire, transformé en grenouille. De même, dans le film, L'Exorciste, on voit d'abord le Père Merrin, archéologue, intrigué à la recherche d'une statue diabolique en Irak, Mais Regan s'adonne au spiritisme et, dans son jardin, le détective, chargé de l'enquête après la mort de Burque, retrouve une copie de cette statue. Quel est le pouvoir qui donne à Regan d'obtenir du Capitaine sait-tout les réponses qu'elle désire ? Pouvoir qui finira par s'emparer d'elle, totalement ! Ces images du cinéma, rejoignent l'expérience des exorcistes. Ceux qui se retrouvent vraiment possédés ont, souvent innocemment ou imprudemment, ouvert leur imaginaire aux suggestions de cette puissance étrangère. Pourquoi l'ont-ils fait ? Pour devenir riche, pour devenir puissants, pour satisfaire leur haine mortelle ou pour quelques autres raisons ! Mais c'est toujours pour être revêtu d'une puissance qui vient adouber leur humanité impuissante.

Le second type, beaucoup plus rare, est le fait de ceux dont Satan habite le corps, sans aucunement toucher à l'âme. Ils sont les victimes de Satan. Au cinéma, ce type est représenté par les figures d'Emily Rose et du Père Lucas. Dans l'histoire de l'Église au chapitre de la mystique ce fait est reconnu 11. Le rituel de l'Exorcisme reconnaît, lui aussi, cette possibilité : Cette forme d'emprise du diable sur l'homme diffère de celle qui dérive dans l'homme du péché originel, et qui est le péché. Ce sont des possédés-victimes12. Comprenant ce qui leur arrive, elle offre leur souffrance pour l'Église et témoignent, d'une façon visible, de la lutte cosmique du Bien contre le Mal.

Cependant quel que soit le type de possession, les actes du corps peuvent être semblables à ceux de la transe, de l'hallucination, de la voyance, de l'audition, bref, de tous les phénomènes para-normaux. Ces actes du corps ne constituent donc pas des signes dirimants. D'autres signes, principalement d'ordre moral et spirituel, peuvent aider au discernement tels : une aversion virulente envers Dieu, le saint Nom de Jésus, la bienheureuse Vierge Marie et les saints de l'Église, la parole de Dieu, les choses et les rites en particulier. Le discernement n'est donc pas celui du diagnostic médical ou psychologique, il est profondément moral et spirituel. Quelle est la conviction que le prêtre doit avoir, dans la foi, qu'il se trouve bien en face de l'Ennemi de Dieu, de Satan et de ses « anges » ? Pour y arriver, il doit savoir qui est Satan.

Qui donc est Satan et comment opère-t-il ?

L'un des plus grands torts que l'on ait fait à la croyance en l'existence de Satan est de l'avoir présenté comme un semi-animal, biscornu, noir, à longue queue, avec un fourche en mains, au rire sardonique. Cela fait peur aux petites filles sensibles, mais, atteinte par le ridicule, son existence devint non crédible. Le mot « Satan » (de l'hébreu, Satân - s'opposer), désigne un être personnel, ennemi à la fois de Dieu et de ses fidèles. On l'appelle aussi diable, (du grec diaballô = accuser, calomnier). Le Satan est donc à la fois l'Adversaire de Dieu et l'Accusateur des hommes. Quand à Jésus lui-même, il le nomme, le Prince de ce monde (Jn 12, 31 ; 14,30 ; 16, 11) ; il dit aussi qu'il est menteur et père du mensonge (Jn 8, 44). Saint Jérôme nomme le chef des démons Lucifer, (du latin, lux (lumière) et fero (porter) = porteur de lumière ). Ce nom, assez mystérieux, est originellement appliqué à Vénus pour désigner son éclat. Le nom est ensuite donné au Roi de Babylone (Is 14, 12) comme celui qui prédomine sur tous les rois de la terre. Mais en hébreu, le mot helel (que la Septante13 traduit par heosphoros et la Vulgate par lucifer, vient du verbe yalal, (se lamenter). Saint Jérôme se sert de cette construction sémantique pour donner au prince des démons, le nom de Lucifer. Ce nom exprime, par dérision, la chute de l'Ange qui se lamente de la perte de sa première beauté alors que, Prince des Chérubins, il était revêtu de lumière. Mais déchu de son rang et ayant perdu sa beauté, est-il devenu si laid ?

Satan est un ange

Même déchu, un ange reste un ange !

Un ange est une personne spirituelle, donc un véritable être parfaitement individué. Sa splendeur est celle d'un pur miroir de la beauté de Dieu. Il est, dans tout son être, un reflet parfait de la lumière divine. Dieu est Lumière. En Dieu, il n'y a aucune ténèbre, aucune obscurité. Car Dieu est Vérité. Il est Vérité parce qu'il est totalement transparent, totalement connaissable. Il ne se cache pas. Il se dévoile entièrement. Et donnant, ainsi, son Être à connaître à toute intelligence, il éclaire cette intelligence, chasse l'obscurité de l'ignorance et de l'erreur et détruit les ténèbres du mal.

Sourir de l'AngeL'ange est aussi lumière comme le miroir réfléchi les rayons du soleil et en diffuse l'éclat. Dieu a créé les anges pour que chaque Intelligence angélique soit comme un porteur de toute la splendeur de la Création, et, en la connaissant, la retourne au Créateur comme une louange de gloire. L'ange irradie ainsi la lumière divine et la diffuse sur tout l'Univers. Car l'intelligence de l'ange gouverne l'univers matériel pour en maintenir l'ordre, l'harmonie et la beauté. En accomplissant cette mission, l'ange instruit l'intelligence des hommes qui trouvent dans leur expérience de la nature, les principes fondamentaux de leur connaissance des choses et qui parviennent, eux aussi, à la connaissance de la Vérité.

Se soumettre à un Dieu qui se donne par amour à l'homme, apparaît, à l'ange révolté, contradictoire à l'ordre de l'univers

Au-delà de cette connaissance naturelle, l'ange est aussi destiné à une connaissance surnaturelle de Dieu. A toute intelligence créée, celle des anges et celle des hommes, Dieu offre la participation à sa propre intimité, à sa propre vie, à sa propre gloire. Dieu offre ! Car, connaître l'intimité divine dépasse la capacité naturelle de l'intelligence de l'ange, comme aussi celle de l'homme. Pour que l'Être et la Vie intime de Dieu soit connus, il faut que Dieu se donne ! Mais un don est un acte d'amour qui demande une réponse d'amour. L'ange ne peut s'ouvrir à l'intimité divine que s'il accepte d'aimer Dieu, tel qu'il est en Lui-même, gratuitement, et pour Lui-même et non seulement comme principe et créateur de sa personne. Cependant, accepter cet amour de Dieu et y répondre constitue initialement pour l'ange une sorte d'entrée dans la Ténèbre. L'ange a une telle lumière sur lui-même, une telle clarté sur toute la création que, renoncer à sa perfection pour se soumettre, dans l'intime de sa personne, à un Dieu dont il ne voit pas, avec évidence, jusqu'où peut aller l'infinité de son amour, lui semble impossible. Car, l'amour infini de Dieu peut aller jusqu'à se donner à des créatures bien inférieures à lui, à des êtres de chair. Cet amour peut vouloir élever une humanité à une union à Lui-même, supérieure à celle qui est naturellement conforme à la nature angélique. Cela est révoltant ! Cela semble en contradiction avec l'ordre, l'harmonie et la beauté de l'Univers tels que l'ange les connaît naturellement. Assentir à cette « contradiction » est, pour une nature angélique, entrer dans la Ténèbre. Pour y consentir il faut une abnégation absolue.

Non serviam ! Je ne servirai pas ! C'est le cri de la révolte de la personne angélique ; une personne dont l'intelligence resplendissante de science était par nature l'un des plus purs miroirs de la lumière de Dieu. Une intelligence dans laquelle brillait la splendeur de la création, dans son ordre, son harmonie et sa beauté. C'est un refus cosmique de l'Amour au nom de la splendeur de la Science. Ce cri de révolte ouvre l'abîme du Mal. Satan et toutes ses cohortes d'anges qui le suivent dans son refus, se rejettent, éternellement, de cette intimité divine dont ils ne peuvent pas admettre l'amour infini. Mais l'Amour étant rejeté, il ne reste plus que la Haine. Satan ne hait pas Dieu en tant qu'il est son Principe à lui, car Dieu est cause de la perfection de son être. Il hait Dieu comme celui qui s'unit à une nature humaine. C'est pourquoi, le signe de Satan, celui que la première épître de Jean appelle l'Anté-Christ, est le refus de l'Incarnation du Verbe et sa conséquence, l'authentique charité fraternelle (1Jn 4, 7-sq).

qui guerroie contre les fils de Dieu

La haine de Satan contre l'homme est cosmique, comme son mensonge est cosmique. Son mensonge cosmique, il le délivre à Eve et Adam, nos pères dans l'humanité, quand il les persuade que Dieu ne les aime pas et que s'il leur impose le « joug » de la soumission, c'est par jalousie et par crainte d'en faire ses égaux. Nous trouvons là les grands procédés de Satan. Satan ne peut attaquer directement l'intelligence de l'homme, ni sa volonté. Il ne peut distiller directement une erreur sur Dieu, ni sur l'homme, dans l'intelligence humaine. Pour le faire directement, il faudrait qu'il puisse éclairer l'intelligence de telle manière qu'elle voit, avec évidence, la vérité qui lui est proposée. Mais, Satan ment ! Il n'est pas de son intérêt de faire voir, avec évidence, qu'il ment. Car, toute intelligence qui voit, avec évidence, un mensonge, le rejette immédiatement. Personne n'aime qu'on lui mente en pleine face ! Mais Satan peut camoufler son mensonge et l'envelopper des apparences de la vérité. Et pour ce faire il a à sa disposition tout le vaste champ de l'ordre de la création qu'il connaît fort bien et toute la faiblesse de l'imaginaire de l'homme qu'il saisit beaucoup mieux que la personne humaine elle-même, car c'est de sa faute si la nature humaine a perdu l'ordre naturel de ses facultés vers le bien. Mais les fantasmes ne suffiraient pas s'ils n'étaient pénétrés d'affectif. Satan qui ne peut agir directement sur l'intelligence, peut encore moins agir sur la volonté. Aucune puissance ne peut agir directement sur la volonté humaine et faire consentir intérieurement, un acte que la personne ne veut pas. Satan ne cherche pas cela et s'il l'obtenait, ce ne serait pas une victoire pour lui. Satan veut un acte volontaire consenti par l'homme à partir d'un mensonge et posé d'une façon, souvent dissimulée, en haine contre Dieu, en mépris de son amour.

Émouvoir l'imaginaire et l'enferrer dans une vision fausse du réel, Satan sait faire cela avec une habilité qu'aucune personne humaine ne peut égaler. Tout lui est bon pour suggérer ce qui attise le goût de la puissance, (celle de l'avoir, celle de la domination, celle du sexe, celle de l'orgueil de l'intelligence, celle de la raison etc). Tout lui est bon aussi pour envelopper ces suggestions de sentiments contradictoires : honte, culpabilité, peur, recherche de sécurité, jalousie, insatisfaction, mépris, désir d'immortalité. Tout lui est bon pour arriver à suggérer que si l'homme n'obtient pas la satisfaction de ses désirs, c'est que Dieu ne l'aime pas, qu'il est indifférent à ses privations et qu'il exerce une domination incongrue sur les personnes humaines. Mais Satan agit en double détente. Le premier mouvement c'est d'obtenir que l'homme pose dans la confusion de ses désirs inavoués, dans la mouvance de sa peur, dans sa recherche inquiète de bonheur, des actes qui le sépare de Dieu. Qu'il arrive à pécher et à pécher gravement ! S'il n'y avait que cela ! Mais il y a le reste : le reste c'est la suggestion qui suit. Satan s'empare de cette peur, de cette honte, de cette crainte qui demeure au tréfonds de la conscience et il gifle l'homme à l'aide de ses propres actes. Le péché est trop grave ! Aux yeux de Dieu, il est impardonnable ! Et voilà le mensonge : Dieu n'aime pas assez pour pardonner. L'amour de Dieu n'est pas assez grand pour pardonner. C'est le désespoir ! Il n'y a qu'une solution : il faut entrer dans la haine et rejoindre la cohorte des anges révoltés ; chercher à abattre Dieu en détruisant l'ordre d'amour de la création.

C'est ce que le film Le Rite met bien en évidence. Satan qui parle par la bouche du Père Lucas, agite devant les yeux de Michael Kovak et d'Angelina, les péchés secrets, ceux qu'ils n'osent pas s'avouer à eux-mêmes. Michael n'a-t-il pas tordu le crucifix de son chapelet devant la tombe de sa mère ? C'est un acte de révolte qui le conduit jusqu'à perdre la foi. Satan agite le remords, la culpabilité, la haine du père jusqu'à essayer de lui suggérer qu'il ne peut qu'être à lui, faire partie des troupes de révoltés contre Dieu ! Quant à Angelina qui a cru avoir abandonné son frère dans son hôpital psychiatrique, avec quelle cruauté, il aiguise sa honte et sa culpabilité. Comment peut-elle espérer être reçue par Dieu ? Peut-il aimer jusque là ? Non, il ne le peut pas. C'est toujours le même mensonge : Dieu n'aime pas l'homme !

Les cas de réelle possession existent bien. Ils ne font que manifester la haine de Satan contre l'homme, haine qui va jusqu'à faire souffrir son corps et le défigurer de laideur. Mais le rôle subtil de Satan pour perdre l'homme et le détourner de Dieu est bien plus grave. Personne ne peut y échapper. S'il n'y avait pas Jésus-Christ nous serions perdus ! Et si, tout en étant promus à prendre part à sa gloire, nous ne cessons d'avoir devant lui, une double personnalité, nous nous fragilisons nous-mêmes. Nous sommes faibles, soit ! Mais que nous lui cachions nos faiblesses, que nous lui dissimulions nos peurs, que nous camouflions nos jalousies, que nous enrobions notre orgueil, que nous ne nous lui abandonnions pas nos culpabilités, cela nous met en position de vaincus en face de l'Ennemi. Tout ce que nous tentons de dérober à l'amour du Christ, tous les désirs que voulons réaliser sans lui, les culpabilités dont nous voulons nous délivrer par nous-mêmes, c'est tout cela que Satan agite sans cesse devant nos yeux. Car le plus grave n'est pas d'être pécheurs, c'est de désespérer de Dieu.

1 Dans le film, cette scène est ambiguë. Le Père Lucas attribue la mort de la mère et de son bébé à l'action du diable. Le cinéaste en fait un point tournant dans l'évolution de Michael Kovak. Mais autre est un scénario, autre est la réalité. Dans le cas d'une possession réelle, le diable peut tourmenter, mais n'a aucun pouvoir sur la vie. Il ne peut pas tuer. Dans le Livre de Job ,alors que Yahvé permet à Satan de tourmenter Job, il pose une restriction :Soit! dit Yahvé au Satan, dispose de lui, mais respecte pourtant sa vie. (Jb 2, 6)

2 Les livres de Carlos Castaneda : Voir, les enseignements d'un sorcier yaqui  L'herbe du diable et la petite fumée, collection 10/18 sont un récit de ces expériences hallucinatoires auprès d'un sorcier, l'Indien Juan, dans un petit village à la frontière du Mexique. Les expériences racontées ont, pour une part, constitué la base du New Age. On peut aussi y adjoindre le récit d'une expérience d'un prêtre , Eric de Rosny, Les yeux de ma chèvre: Sur les pas des maîtres de la nuit en pays douala (Cameroun), Plon

3 Sur toutes ces questions on pourra consulter avec profit le livre de François Marie Dermine, OP, Mistici Veggenti e Medium, 2e Edizione, Liberia Vaticana, 2003

4 On consultera avec profit, les oeuvres de Mgr Jean Vernette sur cette question : Secte et Réveil religieux, Quand l'Occident s'éveille Salvator ; Occultisme, Magie, Envoutements, Esotérisme, Astrologie, Réincarnation, Spiritisme, Sorcellerie, Fin Du Monde – Salvator, 4ème Édition

5 Il s'agit d'un syndrome psychomoteur, rencontré dans la schizophrénie, caractérisé par une passivité psychomotrice, une catalepsie, une perte de l'initiative motrice, un négativisme et parfois des accès paroxystiques.

6 Pierre Janet, La psychologie de la Croyance, In Revue de Métaphysique et de morale, no2, no° 3, n°4 1936

7 Antonio R. Damasio (Lisbonne, Portugal, 1944) est professeur de neurologie, neurosciences et psychologie. Il est le directeur de l'Institut pour l'étude neurologique de l'émotion et de la créativité de l'Université de la Californie méridionale (University of Southern California) depuis 2005, après avoir été le directeur du département de neurologie de l'Université de l'Iowa pendant 18 ans.

8 On peut consulter les oeuvres de Joseph-Marie Verlinde, principalement, L'expérience interdite et Quand le voile se déchire, éditions Saint Paul.

9 Carl Gustav Jung, The archetypes and the Collective Unconscious, Princeton University Press.

10 Rituel de l'exorcisme et prières de supplication, Desclée-Mame, Octobre 2005

11 Cf Monseigneur Cristiani, Présence de Satan dans le monde moderne, Éditions France Empire, 1985

12 Cf, Cristiani, pp. 102-103

13 La Septante est une version de la Bible hébraïque en langue grecque. Selon une tradition rapportée dans la Lettre d'Aristée (IIe siècle av. J.‑C.), la traduction de la Torah aurait été réalisée par 72 (Septante-deux) traducteurs à Alexandrie, vers 270 av. J.-C., à la demande de Ptolémée II.

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