
Les deux fauteuils
Une résolution pour ceux qui ont suivi la session
et qui ne l'ont pas encore fait : acheter deux fauteuils.
Pour ceux qui l'ont fait
mais qui n'ont pas encore installé leurs deux fauteuils, trouver l'emplacement adéquat.
Pour ceux qui ont trouvé l'emplacement, mais qui n'ont pas encore trouvé le mode d'emploi, essayer sans tarder vos deux fauteuils
Ou, si vous avez fait tout ce qui précède,
mais avez, au fur et à mesure des semaines,
voir des années,
délaissé vos fauteuils,
recommencer à les fréquenter,
ensemble !
La leçon de Gédéon
Gédéon fit alors descendre le peuple au bord de l'eau et Yahvé lui dit : « Tous ceux qui laperont l'eau avec la langue comme lape le chien, tu les mettras d'un côté. Et tous ceux qui s'agenouilleront pour boire, tu les mettras de l'autre. » Le nombre de ceux qui lapèrent l'eau avec leurs mains à leur bouche fut de 300. Tout le reste du peuple s'était agenouillé pour boire. Alors Yahvé dit à Gédéon : « C'est avec les 300 hommes qui ont lapé l'eau que je vous sauverai et que je livrerai Madiân entre tes mains » (Jg 7, 5-7).
L'histoire de Gédéon illustre une forme de « purification ». Seuls ceux qui ont bu sans prendre leurs aises, ayant peu de moyens pour le faire, sont retenus par Yahvé. Les autres, qui ont pris le temps de se mettre en bonne position, sont éliminés par le Seigneur. Ils n'auraient pu soutenir le combat. Dieu combat et demande à ceux qu'il choisit la pauvreté des moyens. Car c'est son combat à lui, sa victoire à lui.
Celui qui s'engage dans une œuvre apostolique au sein de l'Église est vite confronté à la pauvreté des moyens : pauvreté d'argent, pauvreté du personnel, pauvreté des vocations, pauvreté du temps, pauvreté d'efficacité devant la quantité de travail à fournir. Il n'a souvent que ces « 300 soldats », ce nombre ridicule et insignifiant face l'immense armée des
Madianites. Il est parti avec enthousiasme ; il affronte sans trop tarder le ridicule et l'insignifiance de ses pauvretés.
Combien est-il alors tentant de sortir de cette pauvreté par des moyens humains ! Qui n'a pas été tenté de
devenir riche ? La fécondité apostolique ne se mesure-t-elle pas à la croissance du nombre des adhérents, à la générosité magnifique des bienfaiteurs, aux maisons qui s'ouvrent, aux extensions apostoliques que permet un capital qui s'accroît ? Ne faut-il pas devenir une force dans l'Église, une puissance avec laquelle il faut compter ? De l'inconnu passer au connu ? De l'insignifiant revêtir l'important ? Attirer l'attention des autorités ? Accéder au rang des influents ?
Pour ne pas tomber dans le piège de toutes ces vanités, on peut aussi choisir de ne rien faire ! Ne pas avoir à quémander des dons. Être délivrés du recours incertain et inadéquat du bénévolat. Ne plus être en proie à l'inquiétude du sourcillement des autorités. Prendre ses distances avec les importants et les influents. Et se retirer dans son ermitage ou sa thébaïde ! Bref ne plus se battre et laisser Dieu agir ! Et magnifier une pauvreté qui n'est plus que de l'inertie !
Gédéon se bat avec la force de Dieu et sa pauvreté d'homme. C'est ce qui est demandé à celui qui s'offre à Dieu pour faire sa volonté. Dieu fait de nous des mendiants ! Il fait de nous des hommes qui vivent au quotidien. Des êtres humains qui comptent sur le pain qu'il donne aujourd'hui. Sur l'argent qui ne se capitalise pas. Sur les personnes qu'il envoie et qui ne se possèdent pas. Sur l'appui qui ne se prévoyait pas. Sur le succès qui ne se voit pas. Sur la consolation qui agit au creux de la blessure de nos impuissances !
En faisant de nous des mendiants, Dieu préserve notre liberté ! Combien de maisons religieuses, d'institutions religieuses, d'œuvres religieuses, devenues riches, ont perdu leur liberté face à la générosité des bienfaiteurs ou face à l'exigence des influences ? Être riche ne donne pas la victoire. Avoir la suffisance des moyens n'assure pas une vraie fécondité. Devenir, dans l'Église, une force et une puissance n'est pas une voie de sainteté.
L'Esprit Saint inspire, dans un cœur qui aime Dieu, une œuvre à sa gloire. Cependant, il ne renonce pas à la conduire selon ses moyens à lui ! Et ses moyens à lui passent par notre liberté et notre pauvreté.
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Bonjour,
Je suis particulièrement interpellée par cet article.
Pour moi, il s'agit véritablement d'une invitation à s'enraciner dans la FOI... l'ESPERANCE et la CONFIANCE en Dieu, au cœur de nos pauvretés qui peuvent être tellement le lieu de blocage. Ce n'est pas un mouvement facile je dois dire. Et pourtant, comme vous nous l'indiquez, cela peut-être source, bien malgré nous, d’une grande fécondité.
Il y a malgré tout un point que j'ai beaucoup de mal à comprendre : "en faisant de nous des mendiants, Dieu préserve notre liberté". Je comprends bien dans votre texte en quoi la richesse peut restreindre la liberté. Mais c'est vrai aussi que quand on est pauvre, on peut le ressentir également comme une restriction de notre espace de liberté.
Pouvez-vous m’aider à comprendre cela : « Et ses moyens à lui passent par notre liberté et notre pauvreté. »
Merci,
Charlotte