Le mot du Président
Le service de la charité de l’Église est toujours une action communautaire, que cette action soit accomplie par une personne obscure ou par une «MèreTérésa».
Ce service de la charité de l’Église est toujours un signe vivant et réel de la vérité et de l’authenticité de la foi.
De plus, l’action caritative doit toujours se faire en communion avec l’Église. Elle n’est pas seulement une assistance aux personnes, une assistance compatissante, car elle suppose une compétence professionnelle.
Au XVII° siècle, de bonnes volontés soignaient les malades ; aujourd’hui, nous savons qu’il faut des infirmières pour soigner.
Par conséquent, et cela ne détruit pas l’initiative gratuite, il y a une véritable nécessité de formation pour rendre adéquatement le service que l’on veut rendre. La formation est donc une exigence de la vie caritative.
L’action caritative chrétienne n’est jamais la mise en œuvre d’une simple technique. Elle exige une vraie disponibilité à l’autre, un vrai dévouement à l’autre. Il faut donc agir. Et pour bien agir, il faut être formé. « En plus de cette préparation professionnelle, il faut avoir une formation du cœur » comme le rappelle Benoît XVI dans son encyclique « Deus Caritas est », et une foi agissante dans l’amour.
Ainsi en est-il de la formation au sein de l’AFCP. Un certain nombre de laïcs et de prêtres sont actuellement en formation continue au sein de l’association afin de pouvoir proposer un service de charité, un service d’accompagnement aux personnes qui le demandent.
L’AFCP, à travers cette œuvre de charité qu’elle exerce auprès des couples, se doit d’avoir le sens aigu du besoin de travailler à l’accompagnement des couples, d’avoir conscience des besoins actuels et laisser la souffrance monter dans nos cœurs. Dans le cadre de cet accompagnement, l’accompagné doit pouvoir percevoir la richesse d’humanité de celui qui l’accompagne.
Lorsque les conjoints ont perdu toute espérance, « ils ont besoin d'autres personnes qui s'occupent d'eux, d'un ‘nous', de la compagnie de vrais amis qui, avec le plus grand respect mais aussi avec une sincère volonté de bien, soient disposées à partager un peu de leur propre espérance, avec ceux qui l'ont perdue. Mais non de façon sentimentale ou superficielle, mais de façon organisée et réaliste », a déclaré le Saint-Père le 26 septembre 2008 à l'intention des couples en difficulté conjugale. « Seul Dieu peut faire cela », a-t-il ajouté, précisant que Dieu « veut se servir de ses disciples comme des collaborateurs valides pour aborder les couples, les écouter, les aider à redécouvrir le trésor caché du mariage, le feu enseveli sous les cendres.»
Pour Benoît XVI, les personnes qui aident les couples en difficulté sont comme les « gardiens d'une espérance plus grande pour les époux qui l'ont perdue».
Alors que les sessions de cet été, suivies par près de deux cents personnes, ont permis à de nombreux couples de travailler à la restauration du lien conjugal si attaqué en ce moment et que les accompagnateurs de l’association reprennent le chemin de la formation, je souhaite affirmer combien notre mission est belle et gratuite. La gratuité, c’est servir la personne entière. L’amour est gratuit et est donné gratuitement. Il nous faut donc trouver le sens gratuit de l’amour qui accompagne le couple en souffrance et qui demande du temps, beaucoup de temps.
Vincent Robilliart